------ HISTOIRE DE LA PAROISSE ------

 

La Paroisse de St-Paul-Mont-Penit est placée sous le vocable de Saint Paul Apôtre. Il était né à Tarse, en Cilicie, de parents appartenant à la tribu de Benjamin, et était citoyen romain. Il s’appelait ‘Saul’. Jeune encore, il alla faire à Jérusalem ses études rabbiniques à l’école de l’illustre Gamaliel, où il eut comme condisciple Barnabé. Il se perfectionna dans la science des écritures, mais les idées courantes l’empêchèrent de découvrir le mystère de l’Homme-Dieu. Il s’attacha de plus en plus aux principes pharisaïques et devint un vrai sectaire. On retrouve Saul à Jérusalem lors de la lapidation de Saint Etienne, gardant les vêtements de ceux qui lapidaient le Premier Martyr, il est alors au premier rang parmi les persécuteurs de l’église naissants.

Sur le chemin de Damas où il se rendait pour persécuter les chrétiens, il fut converti par une grande lumière venant du Ciel, plus éclatante que celle du soleil. Il entendit alors la Voix de Dieu : « Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » - « Qui êtes-vous, Seigneur ? » - « Je suis Jésus, que tu persécutes. Je t’ai apparu afin de t’établir ministre et témoin des choses que tu as vues. » Conduit à Damas, Saul y reçut le baptême d’Ananie. La transformation fut subite et totale. Autant Saul avait été violent dans l’opposition à Jésus, autant il va être ardent à le prêcher. Il se réfugia à Tarse, sa ville natale, où Barnabé vint le chercher pour faire de lui son auxiliaire dans l’Eglise d’Antioche nouvellement fondée. ‘PAUL’ fut alors son nom.

Les Actes des Apôtres racontent les diverses missions accomplies par Paul. A peine arrivé à Jérusalem, Paul fut arrêté dans la cour du Temple et endura de durs traitements. Après bien des vicissitudes, Paul arriva à Rome au printemps de l’an 61. Sa captivité dura encore deux ans, puis il fut jugé et acquitté par le Tribunal de Néron. Il ne reviendra à Rome que pour y cueillir la palme du martyre.

Saint Paul écrivit de nombreuses lettres et épitres. Elles brillent toutes par une énergie extraordinaire, une vie, une ardeur, un entrain puissants, des envolées sublimes, une richesse d’idées et une variété de sentiments tout à fait étonnantes.

A Corinthe, Paul rencontra Saint Pierre et ensemble, ils se dirigèrent vers Rome où sévissait la persécution de Néron. Les deux Apôtres furent bientôt arrêtés et jetés à la prison Mamertine. Le 29 Juin 67, ils furent conduits à la mort. Tandis que Pierre était crucifié la tête en bas, Paul eut la tête tranchée.

« Le temps de ma dissolution approche » écrivait-il durant son deuxième emprisonnement. « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi ».

« Cette course du grand Apôtre, -dit Saint Jean Chrysostome- a été plus glorieuse que celle du soleil, et elle continue à éclairer le monde de sa puissante lumière ».


------ FONDATION DE LA PAROISSE DE SAINT-PAUL-MONT-PENIT ------

Le 2 Décembre 1819, Mr PORTEAU Maire de la commune, et les conseillers municipaux, adressaient à l’Evêque de Luçon la lettre suivante :

« Monseigneur, les Soussignés, Maire, adjoint et membres du Conseil Municipal de St Paul Mont Penit, après avoir reçu communication de la lettre que Votre Grandeur a écrite à Messieurs Savary de l’Epinerays et Tardy, Conseillers de Préfecture, s’empressent de réparer les omissions qui ont pu avoir lieu dans la pétition qu’ils ont présentée au Gouvernement, tendant à faire ériger en Succursale l’église de leur commune.

1°)  L’église de la commune de Saint Paul est décente et en bon état. Les habitants n’ont pas cessé d’y faire des réparations chaque année, depuis le vandalisme. Le Tabernacle a seul besoin de réparation. Et ils attendent avec impatience le moment où leur église sera érigée en succursale pour la mettre dans un état convenable.

2°)  L’ancien Prieuré-Cure, qui était un des plus beaux du diocèse, a été vendu, mais on n’est pas sans espoir de pouvoir le racheter, surtout si la femme de l’acquéreur survit à son mari. Ils n’ont point d’héritier direct. Les habitants de St Paul persistent à réclamer l’érection de leur église en succursale, parce qu’il est impossible de la réunir aux paroisses voisines sans de graves inconvénients, vu la très grande difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité des communications ; et pour dissiper tous ces doutes à ce sujet, le Conseil Municipal de St Paul désire qu’il vous plaise, Monseigneur, vous concerter avec Monsieur le Préfet du Département, aux fins d’inviter Monsieur l’Ingénieur en Chef de se transporter sur les lieux et de vous faire à l’un et à l’autre un rapport sur la position topographique de notre commune ; alors, Votre Grandeur jugera en connaissance de cause si l’église de St Paul Mont Penit est une de celles qui doit être, de préférence, érigée en succursale. L’état de la population est de 600 âmes. » Suivent les signatures : Porteau, Maire ; Boury, adjoint ; Bessonnet, Gautier, Péraucheau, Praud, conseillers municipaux.

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Le 8 Décembre 1819, Mr Tardy, Conseiller de Préfecture, adressait à l’Evêque de Luçon la lettre suivante, parvenue à l’évêché le 10 Décembre :

« Monseigneur, J’ai l’honneur de vous exposer, par addition aux motifs qu’ont déjà allégué les habitants  de St Paul, auxquels je prends le plus grand intérêt, qu’il serait à craindre que les rentes dues à l’église de la dite commune, se trouvassent définitivement perdues, si elle n’était pas érigée en succursale et que les rentes ne laissent pas d’être considérables.

J’ai le plus grand désir, Monseigneur, de vous voir adhérer à la demande de ces bons habitants…. » Signé : TARDY.

Huit ans plus tard, Pierre-Joseph TALLONNEAU, Maire de St Paul, adressait à l’Evêque de Luçon la lettre suivante en date du 10 Janvier 1827 :

« Monseigneur, J’ai l’honneur de vous apprendre qu’un petit nombre de vénérables vieillards de la paroisse de St Paul Mont Penit, qui forment un débris de l’armée catholique et royale du Général Charrette, qui portent sur leur corps d’honorables blessures et pour lesquelles ils ont versé leur sang, pour la foi de Jésus-Christ, et sacrifié leur vie pour le rétablissement du Trône Royal de la famille des Bourbons et pour le rétablissement de la Religion, ces vénérables vieillards ont l’honneur, Monseigneur, de vous exposer que leur église étant située au milieu des troubles civils et cruels de la guerre de la Vendée, et que Dieu ayant voulu, par effet de sa Divine Providence, conserver cette église dans un état si respectable que dans bien des départements, il n’y a peut-être pas d’église qui puisse trouver des monuments aussi respectables que dans l’église de St Paul. La Passion avec la Sainte Vierge et Saint Jean à ses côtés, qui ont été placés en l’an 1603, sont tels que le jour où ils ont été posés. L’horloge qui frappait autrefois sur une cloche, frappe encore sur une cloche de 1093 (ou 1793 ?), la Chaire de Vérité et les bancs qui étaient autrefois, sont encore aujourd’hui dans la place puisqu’ils avaient été refaits à neuf. Monseigneur, l’état respectable à laquelle l’église de St Paul Mont Penit a été respectée sous un gouvernement hérétique, devrait suffire pour que cette église fut mise au nombre des succursales, sous le règne d’un Gouvernement catholique. Il devrait suffire de se souvenir que cette église a été exposée et même servit de logement pendant quinze jours aux armées de la République. Malgré tout, Dieu nous fait souvenir qu’il avait converti Saint Paul sur le chemin de Damas en persécutant les chrétiens, et que cette église porte le nom de Paul, qu’Il voulait par son autorité divine la conserver de tous les désastres, alors que les autres ont été dévastées.

Monseigneur, c’est sur ce sujet que les pauvres habitants de St Paul, déplorés et abandonnés à la Divine Providence, ont fait de nouvelles réparations à leur église et l’ont rendue dans un état si respectable que dans l’Evêché de Luçon, il n’y a peut-être pas six églises où il y a des prêtres, qui soit plus jolie et mieux réparée que cette église, par le soin des habitants.

Monseigneur, les habitants de St Paul avaient toujours espoir que l’état respectable à laquelle cette église avait été respectée sous le règne d’un gouvernement hérétique, qu’elle devrait être reconnue et respectée sous le règne d’un Roi chrétien. Oui, Monseigneur, si nous avions eu l’honneur de voir votre respectable personne rendre visite à cette église, nous croyons bien que vos nobles vues chrétiennes auraient jeté des vues d’humanité et de religion, en reconnaissance de l’état respectable que cette église s’est trouvée après des bouleversements semblables.

Monseigneur, c’est à vos nobles et charitables soins que les habitants de la paroisse de St Paul ont l’honneur de recourir pour avoir du soulagement, car les commodos et incommodos nous empêchent d’assister aux offices dans la paroisse voisine. Nous sommes deux mois dans l’an qui nous empêchent d’y assister, et il nous faut passer plus d’un pied et souvent deux pieds de profondeur dans l’eau pour aller à la messe dans les plus proches paroisses et même passer par la paroisse de St Etienne pour aller à Palluau. Les pauvres habitants de St Paul ont tellement leur église à cœur que, malgré les menaces qui leur sont faites de réunir leur paroisse aux paroisses voisines, ils ne peuvent se désespérer de la Providence de Dieu qui les a conservées dans de plus grands dangers. Ils viennent de nouveau d’acheter un « Soleil en argent » (sans doute un ostensoir) et font toujours de nouvelles réparations en disant qu’ils travaillent pour entretenir la Maison de Dieu…que si les hommes la détruisent, Dieu la rétablira.

Jetez, Monseigneur, des regards de religion sur la foi de ces pauvres habitants qui implorent du fond de leur cœur vos nobles et charitables vues chrétiennes, et à faire l’honneur de recevoir les vues et les prières que ces habitants font et offrent tous les jours au ciel pour vos nobles jours précieux. » Signé : Tallonneau, Maire.

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Le 8 Février 1827, M Tallonneau, Maire de St Paul, adressait à l’Evêque de Luçon la nouvelle missive ci-dessous :

« Monseigneur, l’honneur et la satisfaction que les pauvres habitants de la paroisse de St Paul viennent de recevoir à la lecture de la lettre que je viens de leur donner, leur a fait verser des larmes de joie, et ils m’ont tourné le dos en disant : Allons encore une fois nous prosterner au pied de ces saints autels implorer la miséricorde de Dieu, afin qu’il lui plaise d’attendrir ces nobles cœurs chrétiens et charitables à avoir pitié de nous puisqu’ils ont commencé à reconnaître la justice de Dieu, et que leur noble cœur chrétien et royal les portera à reconnaître, sous le règne d’un Roi chrétien, ce que Dieu a voulu leur conserver sous le règne d’un gouvernement hérétique. Ce sera à la suite de nos prières que Dieu nous accomplira nos demandes, comme il nous a accordé la demande du rétablissement de notre ancien évêché ; et que Dieu touchera ces nobles cœurs qui, par un devoir d’humanité chrétienne et charitable à ce peuple déploré, qui vient encore de nouveau de voir des choses douloureuses que nous avons vues pendant cette guerre cruelle des personnes mourir sans sacrement, d’autres mises sans sépulture dans le cimetière de ce lieu. Que deviendrons-nous ?

Monseigneur, les communications sont si difficiles, que ces derniers jours, un homme de 63 ans ayant reçu le Bon Dieu à son lit, étant mort quatre jours après, nous avons tardé deux jours le cadavre de le mettre en la terre sans sépulture, et fait des réclamations qu’il nous a été possible de faire, nous avons pu parvenir à avoir de prêtre pour l’enterrer à cause des dangers qui étaient inévitables. Voilà ce que j’ai l’honneur de vous apprendre.

Pour certain, pour aller à La Chapelle de Palluau, nous avons deux fortes rivières à traverser, à plus de 600 pas de longueur et y courir de grands dangers, et à Palluau trois rivières, et la commune de St Etienne à traverser, et à Grand’Landes aussi. Maché, notre desservant à deux lieues de distance et une rivière, St Paul, entouré de rivières et de différents ravins qui l’environnent ; paroisse bien arrondie très aisée à servir pour le prêtre restant en le bourg, qui peut faire le tour de sa paroisse avant que de déjeuner sans être incommodé. Les habitants peuvent donner un boisselage suffisant pour nourrir un desservant. Le boisselage que nous donnons au curé qui nous sert se monte à plus de 600 Francs, non compris les messes, mariages et enterrements que je ne compte point, et le presbytère que nous pourrions donner à un desservant vaut encore 200 Francs, que les habitants se disposent à fermer. Si toutefois les moyens des habitants peuvent faire, ils pourraient parvenir à acquérir l’ancien prieuré qui est un objet de 6.000 Francs, ce qui est impossible pour le moment. Nous trouvons des moyens de l’affermer, ce qui est au cas de nourrir deux vaches et un cheval ; et ce que le Gouvernement peut accorder, cela doit bien suffire pour faire vivre un desservant dans cette commune de la République, qui est aisée à servir par sa position. Autrefois, le prieuré de St Paul valait 4 ou 5 mille Francs de revenus, et aujourd’hui tout est vendu, et la superbe cure, qui vaut 4.000 Francs, vendue pour 400 Francs.

L’église de St Paul jouirait aujourd’hui, si les rentes qui lui sont dues étaient payées suivant les anciens comptes depuis 1773 et 1774, 1775 et 1776, qui se sont sauvés de cette guerre ; les rentes en argent se montent à 55 Frs 14 et les rentes en blé qui lui sont dues, à 68 Francs. Toutes les rentes en argent et en blé, tous les ans, se montent à la somme de 123 Francs 14, qui sont dus à cette église. Mais il y en a que l’on ne peut faire payer à réparer que si notre église n’est pas érigée en succursale.

Monseigneur, voilà toutes les choses avantageuses que nous pouvons produire aux soins d’un prêtre et de notre église, avec la protection de nos amis charitables chrétiens ; cela devrait suffire à ce que notre paroisse soit mise au nombre des succursales, d’après l’heureuse protection de Dieu qui est toujours le plus grand de tout.

Monseigneur, faites l’honneur aux habitants de St Paul de recevoir les vues et les prières que les pauvres habitants ne cessent d’offrir chaque jour au ciel, au pied de ces autels, pour que Dieu vous donne une grande prospérité sur les pêcheurs que vous avez à convertir.

Monseigneur, je vous prie de me faire l’honneur de m’excuser de mes manques du devoir et du respect et l’obéissance ou dévouement à laquelle j’ai l’honneur d’être, avec un profond respect votre humble et très obéissant serviteur.

Saint Paul Mont Penit, le 8 Février 1827. » Signé : Tallonneau, Maire.

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Lettre de Mr Tardy, Conseiller de Préfecture à Bourbon-Vendée à Monseigneur l’Evêque de Luçon :

« Comme ancien Maire de la commune de St Paul Mont Penit pendant 20 ans, et propriétaire, j’ai l’honneur de supplier votre Grandeur de vouloir bien accéder à la demande que vous fait le soussigné, de vouloir bien porter sur la liste des propositions qu’elle fera des églises à ériger en succursales, celle de la commune de St Paul Mont Penit à laquelle j’attache une importance toute particulière. Habitant de la Vendée et surtout localiste du canton de Palluau, je peux vous certifier, Monseigneur, que la réunion de l’église de St Paul avec celle de La Chapelle Palluau ne peut se soutenir longtemps. Il y a un bras de la rivière La Vie qui sépare ces deux communes et qui n’est pas guéable six mois de l’année. D’ailleurs, le Conseil Municipal de La Chapelle Palluau ne veut point de cette réunion et il n’a pas fallu moins que le zèle de M l’Abbé Renaud pour empêcher les habitants de St Paul de devenir protestants. Vous savez, Monseigneur, que la réunion à Grand’Landes et à Maché est presque aussi impossible comme vous le verrez par l’exposé des faits dans la pétition des habitants de St Paul. Je vous aurais particulièrement une grande obligation si, en ma qualité de propriétaire à St Paul, vous voulez bien agréer la demande que j'ai l'honneur de vous faire. J'ose dire que Mr le Préfet vous en tiendra compte.

Agréez, Monseigneur,l'hommage du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur."

Signé : TARDY, Conseiller de Préfecture.

An date du 3 Juillet 1831, Mr Tardy adresse une nouvelle lettre à l'évèque de Luçon pour le supplier d'envoyer un desservant à la paroisse :

"Monseigneur, Votre Grandeur avait daigné donner un desservant à Maché, paroisse à laquelle la nôtre avait été réunie, avec l'obligation pour lui de dire la messe à St Paul Mont Penit de deux dimanches l'un. Mais, qu'il nous soit permis, Monseigneur, de vous faire observer que Monsieur le Curé de Maché a prévu qu'il ne pouvait satisfaire à l'obligation que vous lui avez imposée.
Notre paroisse, privée de ministre depuis longtemps et souvent même de la messe le dimanche, se démoralise et tend à l'insouciance pour notre religion.
Nous osons, Monseigneur, supplier Votre Grandeur de nous accorder un desservant particulier auquel nous avons préparé une habitation convenable. Les habitants lui donneront le boisselage avec le plus grand empressement.
Notre paroisse, Monseigneur, n'est pas très populeuse : un ministre des autels quopique faible de santé, serait capable de la desservir ; aussi, supplions-nous Votre Grandeur de nous excuser si nous prenons la liberté de lui dire que Monsieur Piveteau, vicaire de Rocheservière, connu de plusieurs de nos habitants, conviendrait parfaitement pour faire le bien de notre paroisse. Si sa santé est délicate, son esprit conciliant lui donnera tous les cœurs, et changera celui de Saint Paul.  Si vous daignez le désigner, nous ferions près de lui toutes les démarches qui pourraient obtenir son assentiment.

Nous espérons tout de votre indulgence et vous supplions d’agréer les sentiments de notre très profond respect avec lequel, Monseigneur, nous sommes , de Votre Grandeur, les très humbles et très obéissants serviteurs. » Signé : Tardy.

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Le 20 Novembre 1831, une nouvelle supplication est adressée à l’évêque de Luçon, par le Maire, Mr Taillonneau. En voici les termes :

« Monseigneur,

C’est au nom de Dieu et de la Très Sainte Vierge Marie, notre bonne mère, que j’ai l’honneur de supplier très respectueusement Votre Grandeur, à voir la bonté de me faire savoir ce que vous voulez faire de cette paroisse qui, depuis longtemps, ne cesse d’avoir l’honneur de supplier très respectueusement Votre Grandeur de leur donner les secours religieux qu’ils ont besoin, et même également, j’ai l’honneur de supplier très humblement Votre Grandeur, de me faire savoir la raison que vous refusez de donner les secours de la religion chrétienne à Saint Paul . Y a-t-il des paroissiens de Saint Paul qui, par manque d’esprit et d’éducation, auraient eu la grossièreté d’offenser Votre Grandeur ? Votre clémence ne serait-elle pas assez grande pour avoir la bonté de leur pardonner, puisqu’il plait à Dieu de pardonner les pêcheurs qui lui ont demandé pardon, comme également ils ont l’honneur de vous le demander, s’ils ont offensé Votre Grandeur ? Qu’elle juge par elle-même si nous étions raisonnables vers la respectable personne de Monsieur le Curé de Maché, à qui nous avons offert tout le respect et l’obéissance et la soumission qui lui est due de notre part, et un logement très convenable et du bois pour le chauffer, et du foin pour son cheval, et un boisselage d’au moins 6 à 700 Francs. Ce Monsieur a préféré rester avec ses chers bons compatriotes que de venir remplir les obligations qu’il avait plu à Votre Grandeur de lui imposer, en nous donnant les secours de notre Sainte Religion. Ce n’est pas un vain désir religieux que les bons patriotes de Maché ont eu de demander un prêtre qui leur a été si promptement accordé ; c’est par leur propre intérêt, qui leur a fait faire cette demande. C’est sans doute parce qu’ils ont cru détruire le père de notre Sainte Religion, en faisant ce qu’ils ont fait au buste de Charles X. C’est sans doute ce qui a occasionné Monsieur l’Abbé à rester à Maché.

Mais encore une fois, au nom de Dieu et de la très Sainte Vierge, notre bonne Mère, que j’ai l’honneur de supplier très respectueusement Votre Grandeur de me faire savoir ce que vous pensez faire de cette paroisse et ses bonnes intentions, et si vous croyez pouvoir donner un prêtre à Saint Paul ; ou qu’il plaise à Votre Grandeur d’avoir la bonté de charger quelques autre Monsieur prêtre de notre paroisse, afin qu’ils aient pitié de nous, en venant nous dire la messe quelques dimanches.

Monseigneur, c’est à Votre Grandeur à qui j’ai l’honneur d’exposer ce qui serait très avantageux pour la respectable personne de Monsieur le Curé de Palluau à qui vous rendriez un grand service et à nous aussi, ce serait en lui donnant un vicaire qui viendrait nous dire la messe de deux dimanches l’un et une ou deux fois par semaine, et nous lui donnerions ce que nous avons offert à Monsieur l’Abbé en attendant la miséricorde de Dieu à se répandre sur nous, s’il vous est possible de nous donner un résident ; vous rendriez, je pense, deux services, et je crois que la respectable personne de Monsieur le Curé de Palluau n’oserait refuser une telle proposition si elle lui était faite……… »

Signé : Taillonneau, Maire.

N.B. : L’histoire ne dit pas si l’envoi de ce genre de lettre se poursuivit longtemps de la part du Maire ou de Mr Tardy, Conseiller de Préfecture. Toujours est-il que jusqu’en 1832, la paroisse de Saint Paul fut rattachée à Maché.

La nomenclature du clergé paroissial de Saint Paul nous apprend qu’un prêtre fut attribué à la paroisse de Saint Paul en 1832, avec l’Abbé Rousseau (1832-1837).

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Le 19 Janvier 1882, le Conseil Municipal, considérant que l’église de la commune est trop étroite pour la population et est peu solide dans quelques unes de ses parties, reconnait qu’il est nécessaire de la réparer ou de l’agrandir, tant pour la commodité des assistants que pour la convenance du culte. Le devis s’élève à 18.637 Francs et les ressources de la Fabrique à 14.026 Francs. Le Conseil Municipal demande donc à l’Etat de lui accorder une somme de 4.611 Francs nécessaires pour compléter la dépense. Les travaux seront alors exécutés conformément aux plans.

Plus d’un an après, le Maire expose au Conseil Municipal que le projet d’agrandissement de l’Eglise présenté par la Fabrique l’année précédente, a été l’objet de plusieurs critiques de la part du Comité des Inspecteurs Généraux Diocésains. La Fabrique a fait préparer alors un nouveau projet avec reconstruction entière de l’édifice. Le Conseil Municipal donne un avis favorable, sous conditions que la Fabrique supportera seule toutes les dépenses, et que la superficie du cimetière ne sera pas diminuée par la dite construction.