La commune de Saint-Paul Mont Penit :

broussailles

L’origine de Saint-Paul se perd dans le temps. Aucun document ne vient nous dire ce qu’étaient nos aïeux et comment ils ont fondé ce lieu que nous habitons aujourd’hui. Il est fort possible que les peuples qui ont habité primitivement la Gaule soient venus jusqu’au lieu où se trouve aujourd’hui Saint-Paul. Peut-être des familles gauloises s’y sont-elles établies ? Ce lieu était sans doute couvert de broussailles : ajoncs, bruyères et brandes surtout, formant des fourrés épais et difficilement pénétrables.

Les Gaulois formèrent-ils en ce lieu une agglomération de familles ? Les Romains y parvinrent-ils ? On ne peut guère répondre à ces questions. Mais qu’il ait été habité ou désert auparavant, il paraît probable que Saint Paul soit de fondation chrétienne. Le nom de Mont-Penit - le Mont de la Pénitence - indique une origine chrétienne ; les peuples païens ne considéraient point la pénitence comme une vertu.

La Cure de Saint-Paul était l’un des plus importants bénéfices de l’Abbaye de Nieul-sur-l’Autise, appartenant à l’ordre des Chanoines réguliers de Saint Augustin. Le Prieur-Curé de Saint-Paul, en qualité de Seigneur du lieu, avait droit de haute, moyenne et basse justice dans l’étendue de son fief. Les domaines comprenaient la maison curiale, dite le Prieuré, dont les bâtiments existent encore aujourd’hui et ont été remarquablement restaurés, et environ 123 ha (le bois de St Paul, la métairie des Grois et la Petite Ymonière).

L’Eglise fut brûlée en 1553, pendant les guerres de Religion, par les hordes de Soubise, et le Prieuré fut saccagé par les Huguenots, aidés par les Seigneurs de Chantebuzin, qui chassèrent le Prieur, Maître Guillaume Gilbert, et s’emparèrent de tout ce qu’il possédait. Ces actes de violence furent réprimés dans la suite par la justice des « Grands Jours » de Poitiers (1567). En 1792, l’on trouve le dernier Prieur, Ambroise Rivereau et son neveu, Jacques Rivereau, vicaire. Ces deux prêtres réfractaires durent s’exiler. Ils s’embarquèrent pour l’Espagne le 15 Septembre 1792.

Saint-Paul reçut la visite des troupes républicaines pendant la Révolution. Une colonne de Bleus fit de l’Eglise sa caserne pendant huit jours. Au bout du huitième jour, les paysans de Saint-Paul, levés en masse pour défendre leur église, cernèrent l’édifice. Le capitaine de la paroisse, Tallonneau, était à leur tête. Les Bleus furent sommés de se constituer prisonniers. Mais ceux-ci, honteux de se voir traqués, refusèrent de se rendre sans coup férir. Ils tentèrent une sortie et se battirent en désespérés devant la porte de l’église. Vains furent leurs efforts et inutiles leurs actes de bravoure. Les paysans, que l’indignation et la foi électrisaient, en firent un épouvantable massacre. 250 à 300 cadavres, appartenant presque tous à la colonne républicaine, restèrent sur le terrain. Ils furent enterrés dans une fosse commune creusée dans un champ actuellement dans l’agglomération et portant le nom de « Cimetière des Bleus ». Surpris par cette attaque soudaine, les Bleus abandonnèrent l’église sans l’avoir endommagée.

 

L'église où s’est passé ce fait n’existe plus aujourd’hui, elle a été rebâtie en 1883/1884. On y conserve encore un grand Christ et deux statues en bois polychrome représentant la Vierge et Saint Jean, qui étaient jadis disposés en un groupe, appelé La Passion, sur une poutre placée à l’entrée de l’ancien chœur, à la naissance de la voûte. Ces deux statues et le Christ datent de 1603. Ils sont inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

 

 

DENOMINATION DE LA COMMUNE

Jusqu’en 1807, la commune porta le plus souvent le nom de Saint Paul de Mont Penit, mais aussi à plusieurs reprises le nom de Saint Paul de Commequiers, de 1692 à 1707, puis de 1740 à 1748, et enfin de 1753 à 1769. Egalement, pendant la période révolutionnaire, sauf en l’an VII, l’on trouve Saint Paul de Palluau.

Les villages sont très rarement indiqués avant 1700. A partir de cette époque, on retrouve tous les noms actuels, sauf ceux des villages en bordure de la route Palluau/St Christophe, ainsi que le Machis et la Sorinière. La Martinière et le Châtaignier ne sont pas explicitement nommés, mais on mentionne tout de même : « Mr X, Sieur de La Martinière, » et « Mr Y, Sieur de la Chatenais ». Enfin il est question, en 1708, d’un nommé Thomas Hillériteau, qui doit au Prieur-Curé son boisselage de l’année précédente. Ce brave homme est de « la Vallée du Bourg », ce qui fait penser à la Célinière d’aujourd’hui. Pour « la Rivière », on écrivait parfois la Rivière « aux Guillets ».

Dans les actes, on voit certains signataires faire suivre ou précéder leur nom du nom du village : en 1720, Jacques Dorion, Sieur de la Naulière ; Benoît Rigollet, Sieur de la Rochette d’Apremont. On trouve aussi des Porteau de la Guibretière, des Rochelles du Fief, du Bourgneuf, Tardy Chastenais, Sieur de Chastenais.


LA POPULATION DU PAYS

Saint Paul devait être beaucoup plus peuplé qu’il ne l’est maintenant. On trouvait des moyennes annuelles de 19 à 22 baptêmes, 4 à 6 mariages et 12 à 17 décès. La mortalité infantile était considérable. En règle générale, les deux tiers des enfants mouraient avant 7 ans, dit-on. Maladies et épidémies faisaient de grands ravages dans les familles. A l’époque, on remarque l’empressement de nos ancêtres à procurer le baptême à leurs enfants le jour même de leur naissance ou le lendemain au plus tard. La sépulture a lieu habituellement le lendemain du décès, parfois le même jour. Il arrivait assez souvent que Curé ou Vicaire étaient parrains de leurs paroissiens. Au XVIIIème siècle, des parrains et marraines faisaient suivre leur signature « d’assistants ou assistantes à baptême ». Il y a aussi des « témoins à mariage et à sépulture », probablement des hommes du bourg désignés à cet effet, parce que se trouvant habituellement sur place et étant capables de signer au registre des actes. Plusieurs sacristains-tisserands figurent parmi ces témoins.

Par l’Ordonnance de Villers-Cotterêts (Aisne) en 1539, François 1er prescrit aux curés la tenue régulière des registres de baptêmes et de sépultures. Les premiers extraits des anciens registres paroissiaux de Saint Paul Mont Penit vont de 1607 à 1792.


Saint-Paul au début du 20ème siècle   - Saint-Paul de nos jours